Amas sédimentaires ça et là dispersés sur le sable fuyant
Tristes petits cailloux noirs dans ce coin de vie déroulé, renfrognés comme ils peuvent dans leurs trop rares aspérités, lisses comme des galets, creux de leur uniformité
Pourtant si lourds dans les poches où ils ont glissés, ramassés contre et récoltés malgré
Eclatants cailloux blancs, minuscules phares maritimes jalonnant l’avancée du marcheur
Feux brillants butinés ne tenant pas en poche, dont la collection file par le tissu percé pour ne pas alourdir le déjà trop chargé, à terre semés comme des graines déjà germées, les unes après les autres en cordon minéral
Le fil de sa vie derrière soi déroulé comme la chaîne d’une ancre allongée dans l’abîme
Dérives bridées, divagations contenues dans un rayon de quelques pieds
Au devant, d’autres cailloux encore attendent qu’on se penche sur eux et qu’un filet de doigts les enserre pour être empilés un à un sur le lit d’un existentiel courtisan des sommets
Fiers d’être la matière première d’édifices tant bien que mal élevés ?

texte de Barbara Albeck
www.barbara-albeck.fr

http://www.guillaumefromental.com/v3/files/gimgs/3_img8727.jpg
http://www.guillaumefromental.com/v3/files/gimgs/3_img7203.jpg
http://www.guillaumefromental.com/v3/files/gimgs/3_img8720.jpg
http://www.guillaumefromental.com/v3/files/gimgs/3_img7831.jpg
http://www.guillaumefromental.com/v3/files/gimgs/3_img8685.jpg
http://www.guillaumefromental.com/v3/files/gimgs/3_img8717.jpg
http://www.guillaumefromental.com/v3/files/gimgs/3_img7852.jpg